Le Village

Chef-lieu d'un canton de dix communes, Lanta est située dans les collines du Lauragais à 19 kilomètres de Toulouse et 30 de Revel. Région au centre des influences océaniques et méditerranéennes, le Lauragais est le pays du vent d’Autan qui balaie les collines quatre-vingt dix jours par an.    

Le territoire se compose de collines aux pieds desquelles coulent les ruisseaux de la Saune, de la Seillonne et du Dagour. l'essentiel de l'habitat se concentre au village mais la commune compte quelques hameaux tels que Saint-Sernin de Sanissac et Pescajou au sud, Saint-Anatoly au nord, et une partie de Sainte-Appolonie à l'est, que Lanta se partage avec la commune d'Aurin.

Le territoire communal est traversé par deux voies de communication importantes, la D18 reliant Toulouse à Revel au sud, et la D1, d'origine gallo-romaine, qui passe dans le village et conduit jusqu'à Auriac.

1. Historique

Le village de Lanta est bâti sur un replat en contrebas d'un ligne de hauteurs, comprise entre la Seillonne au nord et la Saune au sud. C'est un petit village de briques de type toulousain qui, au Moyen Age, constituait le faubourg du castrum des Hunaud de Lanta mentionné dans les textes dès 1196 et dont ne persiste aujourd'hui que la motte castrale. Après l'abandon progressif de l'espace fortifié, c'est à cet endroit que s'est concentré l'essentiel de l'activité de la communauté, comme c'est le cas de beaucoup de communes du Lauragais.

L'histoire de Lanta est indissociable de celle de la famille Hunaud, premiers seigneurs de la communauté présents dans les textes du XIIè siècle au XVIIè siècle. Ces derniers font très tôt partie des grands feudataires de la région, présents dans l'entourage des grandes familles, notamment celle de Comminges, mais surtout celle de Toulouse de laquelle ils sont vassaux, dès 1115. Leur attachement à la cause cathare leur vaut d'être touché par la tragédie de Montségur dans laquelle ils perdront deux de leurs grandes figures, les parfaites Marquésia Hunaud de Lanta, née Fourquevaux et sa fille Corba, épouse du seigneur de Montségur, Raymond de Péreille.

Après l'annexion du comté de Toulouse au Royaume de France, la famille de Lanta revient assez rapidement au premier plan. Certains de ses membres seront appelés à occuper de hautes fonctions religieuses ou civiles. On retrouvera même un représentant à la tête des protestants de Toulouse lors des guerres de religion, le dénommé Pierre Hunaud de Lanta. La famille Hunaud disparaît aux alentours du XVIIIe siècle avec Marguerite.

Durant la période révolutionnaire, Lanta est le théâtre d'une bataille qui laissera sur le flanc bon nombre de royalistes les 5 et 6 août 1799.

Lanta est le lieu de naissance de Maurice Bayrou, secrétaire d'état à la France d'Outre-Mer du gouvernement d'Edgar Faure de mai à octobre 1955.

2. L'église Notre-Dame

Ancienne église castrale de Lanta, la première mention de Notre-Dame de l’Assomption remonte à 1217 lorsque Guillaume du Bousquet désirant assurer le salut de son âme lègue une somme d’argent à l’œuvre de l’église. Appelée également Notre-Dame du Fort, puisque située à l’extrémité ouest du château seigneurial, elle ne devient paroissiale qu’entre 1596 et 1615 en remplacement de l’église de Saint-Victor localisée à proximité de l’actuel cimetière. Au XVIe siècle les fruits décimaux sont répartis entre le grand archidiacre de Saint-Etienne et le recteur de Lanta.

Fortement endommagée par les Protestants en 1569, l’édifice est laissé en l’état jusqu’en 1596. Son état ruineux ne permettant pas d’y assurer l’office, celui-ci est provisoirement délocalisé dans une grange avoisinante en attendant que le bâtiment retrouve sa salubrité.

Notre-Dame de l’Assomption subit quelques travaux au cours du XVIIIe siècle et devient Temple de Raison durant la période révolutionnaire.

Un premier projet de réhabilitation est lancé par le conseil municipal en 1833. Celui-ci tombe momentanément à l’eau mais l’idée fait son chemin. En 1842, la commune vote la construction d’un nouvel édifice.

La maîtrise d’œuvre est confiée à Urbain Vitry. Il exercera les fonction d’architecte en chef et ingénieur de la ville de Toulouse entre 1830 et 1843. Par la suite, il est promu inspecteur des Arts et des Sciences Industrielles et secrétaire général du Bureau central des Sciences et Arts. Outre l’église de Lanta on lui doit notamment de nombreux batîments civils toulousains tels que la façade de l’école de médecine (théâtre Sorano), le cimetière de Terre-Cabade, les Abattoirs mais aussi le beffroi de Revel. Notre-Dame de l’Assomption sera achevée en 1852.

D’autres artistes interviendront dans la décoration. Les vitraux sont signés par deux prestigieux ateliers de la ville rose, Louis-Victor Gesta et Paul Châlons. Pierre-Eugène Denis est l'auteur de la plupart des toiles présentes dans l'église, Jean-Baptiste Despax, également fournisseur de nombreux tableaux d’art sacré dans le Toulousain, apporte sa contribution avec une représentation de l'Assomption, et Michel Geoffroy signe La Vierge aux Donateurs, copie du peintre flamand Van Dyck inscrit à l’Inventaire. Enfin, les peintures du choeur sont l'oeuvre d'Alexandre Serres, artiste que l'on retrouve dans la décoration de l'église du Jésus et de Saint-Exupère à Toulouse.

En 2005 un incendie éclate durant les travaux de réhabilitation de l’édifice. La restauration est achevée en 2009.


Saint-Sernin de Sanissac

1 Présentation

Située en pleine campagne lauragaise au sud du village de Lanta, l’église Saint-Sernin de Sanissac se dresse sur une motte qui domine la vallée de la Saune à l’extrémité nord-ouest du hameau. C’est un bel édifice de briques bâti au début du XVIe siècle possédant un imposant clocher mur typique de la région agrémenté d’une petite tour dissimulant l’ancien escalier qu montait à la tribune de l’église. Le bâtiment possède également une très belle abside à cinq pans percée de fenêtres de forme ogivale. Un porche, certainement bâti aux alentours du XVIIe siècle, protège le portail du vent d’Autan.A l’intérieur de la nef, on peut voir un baptistère massif dans une niche du mur du clocher. Le transept est composé de deux chapelles, celle de Sainte-Quitterie au nord, et celle de Saint-Sernin au sud. A l'intérieur de cette dernière, on devine les restes d'un bas relief figurant la Cène, posé au XVIe siècle lors de la reconstruction de l'édifice mais buriné lors d'un acte de brigandage. Le chevet était recouvert de peintures murales datant du XVIIe siècle aujourd’hui dissimulées par un crépi.

2 Historique

L’église Saint-Sernin de Sanissac est connue dans les textes depuis le XIIe siècle. Propriété du domaine de l’abbaye Saint-Sernin de Toulouse, elle est l’objet d’un litige entre l’Église et les seigneurs locaux à l’encontre de qui Ricard, légat, fulmine l’excommunication s’ils ne cessent de détourner les dîmes à leur profit.Annexe de Sainte-Marie de Lanta, l’église du village, elle fait partie de l’archiprêtré de Caraman au XVe siècle. Saint-Sernin subit les foudres des Huguenots vers 1569 et ne retrouve sa toiture que vers 1594.L’église est peu à peu abandonnée au cours des siècles suivants et sa démolition, programmée en 1794, est évitée de justesse.

3 L’ancien édifice

Les fouilles menées dans l’église entre 1996 et 1998 ont permis de mettre au jour les vestiges d’un édifice médiéval. Apparemment moins large que l’actuel lieu de culte, ce bâtiment reposait sur un conglomérat de briques et de marne que l’on retrouve en plusieurs endroits du sanctuaire. Il est probable que cette ancienne église fut construite en pierre de taille ou marne, témoins les fragments retrouvés dans le remblai d’une sépulture et le morceau de colonne soutenant une poutre de la nef.e L’un des intérêts majeurs de l’église réside dans la conservation « in situ » d’un moule de cloche découvert lors de la campagne de fouilles de 1998. Ce moule faisait partie d’un ensemble également composé d’un four utilisé pour la confection de la cloche de l’église au XVIe siècle. Constitué d’un socle d’argile de forme circulaire et évidé en son centre, le moule a été posé au fond d’une fosse creusée pour l’occasion, puis remblayée après utilisation.

 

Saint-Anatoly

1 Présentation

Le hameau de Saint-Anatoly est situé au nord-est de la commune de Lanta sur une colline dominant au nord-est la vallée du Dagour, et au sud la vallée de la Seillonne. Pendant des siècles, la communauté s'est organisé sur un territoire au relief très accidenté et aux collines à forte déclivité. Aujourd'hui, l'agglomération ne compte que quelques maisons concentrées autour de la place centrale ainsi que quelques fermes éparses. Le hameau possède un statut à part dans la commune. Ses limites ne sont pas officiellement définies mais sont connues des habitants du coin. Au XIXe siècle, ces derniers exigent l'autonomie de la communauté, mais se heurtent au refus de la Préfecture. La communauté possède sa propre fête patronale et élit trois représentants au conseil municipal de Lanta.

2 Historique

Les seigneurs de Saint-Anatoly apparaissent dans les textes dès le premier quart du XIIe siècle : Isarn et Arnaud-Raymond de Saint-Anatoly sont sommés de restituer les droits de l'église de la communauté sous peine d'excommunication. En 1150, on trouve les seigneurs de Saint-Anatoly dans l'entourage des seigneurs de Lanta : Pierre Arnaud est témoin d'un acte signé par Guillaume Hunaud. En 1238, durant la croisade contre les Albigeois, les parfaits cathares Pons Jaule et Pons de Sagornac font une halte dans une cabane près de Fontnouvelle et seront ravitaillées par Guillaume Garnier. La communauté bascule sous la dépendance du roi de France quand Géraud de Saint-Anatoly prête serment de fidélité à Philippe III le Hardi en 1272. A cette période, Saint-Anatoly appartenait à la baylie de Bonac.

3 Le fort de Saint-Anatoly

L'étude des textes a permis de déterminer la présence d'un espace fortifié à la fin du XVe siècle au hameau de Saint-Anatoly. Occupant une superficie d'environ 0,25 ha, la fortification se situait à l'emplacement même de la grande ferme de briques au sud-est de la place. Une tour de briques s'élevait à l'angle sud-ouest.

4 L'église

L'église de Saint-Anatoly est bâtie à 300 mètres au sud du hameau au sommet d'une petite colline qui domine au sud la vallée de la Seillonne. L'église est mentionnée à la fin du Xe siècle parmi les biens du monastère Saint-Sernin de Toulouse qui la confie entre 974 et 982 à un clerc du nom de Siegfried Buzet. Par la suite elle passe aux mains du prévôt de Saint-Sernin de Toulouse avant d'être rendue en 1126 à Raymond, abbé de Saint-Sernin. En 1596, l'édifice dédié à Abdon et Sennen est brûlé par les protestants. A la fin du XVIIIe siècle, la commune de Lanta vote sa destruction mais le lieu de culte échappe de justesse à son sort. Elle sera en partie restaurée par Urbain Vitry en 1849.

L'église actuelle, dans son ensemble, remonte au XVIe siècle mais a subi pas mal de réparations au XIXe siècle. Construite en briques comme son homologue de Saint-Sernin de Sanissac, elle possède un clocher-mur classique du Lauragais percé de trois baies campanaires ainsi que d'une rosace dont le verre originel a disparu. Deux contreforts latéraux supportent la poussée de l'édifice. Sur la gauche de la façade, une tourelle à base carrée s'élève en hexagone et permet d'accéder au toit du bâtiment. Cette tour est percée de petites fenêtres en plein-cintre surmontée d'un toit à six pentes dont le faite est orné d'un goupillon. Sur la façade nord de la nef, on peut distinguer un mur constitué de pierres de taille, vestige probable de l'église du Moyen Age.
A l'intérieur de l'édifice, à gauche, la face interne du mur du clocher est percée d'une
niche en arc brisé en pierre, présentant toutes les caractéristiques de la fin du Moyen Age. La nef, composée de deux travées, est éclairée par quatre fenêtres en plein cintre munies de vitraux. Tout autour court le chemin de croix réalisé par Régis Vialaret sur des croix de bois inscrites dans un carré. C'est également lui qui a réalisé, en 1953, la fresque du choeur illustrant quelques épisodes de la vie de Jésus-Christ tels que la rencontre avec Paul sur le chemin de Damas et l'apparition aux apôtres après une pêche au bord du lac. On lui doit également la superbe peinture de la chapelle Abdon et Sennen figurant les deux saints.

5 Les moulins de Passelaygue

A trois cent mètres au sud-ouest du hameau de Saint-Anatoly on peut voir deux superbes moulins tours (propriété privée). Bâtis sur une butte probablement entre le XVIIe siècle et le XVIIIe siècle, ils ont été dépouillés de leurs ailes et de leur toit au cours du XXe siècle. Un habitant du lieu se souvient en avoir vu tourner un pendant les années 1920.

6 Le pigeonnier de Bajargues

A peine visible de la route, le pigeonnier de Saint-Anatoly (propriété privée) est un des plus beaux du Lantarès et témoigne encore de la richesse passée de la région.